Produits au chanvre de SanaSativa séquestrés
Mercredi 21 mai 2008, Françis Granet
Murist. "SanaSativa SA n’est pas en mesure d’honorer vos commandes et ce jusqu’a nouvel avis ". Par voie de publicités dans la presse, la société basé à Franex, sur la commune de Murist, annonce ces jours à sa clientèle la saisie de ses produits à base de "chanvre paysan" (coussins de repos, baumes, crèmes, shampoings, tisane reposante, etc.) et de ses matières premières (plantes, semences ou huiles).
Questions de confomité
Notre marchandise prête à l’envoi a été séquestrée et nos locaux scellés, mercredi passé, sur ordre du juge d’instruction Markus Julmy, confirme le patron Jean-Pierre Egger. Ils ont tout pris, même des sacs de menthe et de mélisse, mes dossiers, des albums de photos et un jeu d’échecs." Parce que cette saisie met en péril SanaSativa, ajoute-t-il, il a "saisi d’urgence" le Tribunal cantonal
"N’importe quoi ! Mes savons liquides seraient des stupéfiants", tempête le directeur de SanaSativa qui voit l’intervention du juge comme une vengeance personnelle : "Il réagit ainsi à la demande d’expertise psychiatrique le concernant que je viens d’adesser à l’autorité de surveillance parce qu’il s’entète à confondre le chanvre paysan avec la marijuana". A en croire Jean-Pierre Egger, ses produits seraient "sains, respectueux des normes légales et au bénéfic d’un certificat du chimiste cantonal".
C’est justement pour en avoir le coeur net que la justice a ouvert une procédure. "L’aspect stupéfiant n’est plus au centre de nos préoccupations, précise Markus Julmy. L’accent est mis sur des questions de conformité à la législation agricole qui à changé au debut 2008, devenant plus sévère." Une spécialiste de l’Office fédéral de l’agriculture a été mandatée comme experte pour ces aspects techniques. Il s’agira aussi de déterminer si les vertus de produits au chanvre SanaSativa comme les aliments pour animaux ou les huiles pour plantes, mises en avant par la publicité, sont justifiées, "Et ça n’est pas de la compétence du chimiste cantonal !"
Les documents séquestrés devraient être rendus cette semaine encore, selon le juge d’instruction. "La marchandise saisie ne sera pas restituée, elle, avant qu’on ait le résultat des ananlyses et des appréciations juridiques, souligne-t-il. Nous devons une fois pour toutes clarifier une solution qui nous échappe depuis longtemps, Jean-Pierre ayant toujours refusé jusqu’ici de se soumettre à nos interrogations."
Une quinzaine d’employés
Créés il y a cinq ans, SanaSativa SA c’est une quinzaine d’employés en pleine saison, des dépots à Murist et é Morat - "ce dernier étant dans le collimateur de la police bernoise", selon Markus Julmy -, un champ de 20’000 m2 à Chiètres et de la matière première livrée par une septantaine de paysans cultivant quelque cent hectares aux quatre coins de la Suisse. Quant au chiffre d’affaires annuel ? Jean-Pierre Egger se contente de répondre que "tout va très bien". Jusqu’ici du moins...