Révision de la loi sur les stupéfiants

jeunes radicaux et jeunes pdc, 27 mai 2004

Des organisations de jeunesse de partis bourgeois lancent un appel au Conseil national : Entrez en matière sur la révision de la loi sur les stupéfiants ! Le 14 juin, le Conseil national devra délibérer pour la deuxième fois sur la révision de la loi sur les stupéfiants. Le Conseil fédéral et le Conseil des Etats approuvent la révision, alors que le Conseil national y faisait encore obstacle. Les organisations de jeunesse de deux partis bourgeois, les jeunes démocrates-chrétiens et les jeunes radicaux suisses, lancent aujourd’hui un appel commun au Conseil national : entrez en matière sur la révision de la loi sur les stupéfiants !

Lors de cette conférence de presse commune, les JDC et les JRS veulent rappeler les enjeux de la révision.

Ancrer le modèle des quatre piliers dans la loi "La mise en oeuvre de la politique en matière de drogue qui repose sur les quatre piliers prévention, thérapie, réduction des risques et contrôle/répression, a massivement amélioré la situation tant des personnes dépendantes que de la population touchée par les scènes ouvertes de la drogue des années 90", a déclaré Christa Markwalder Bär, conseillère nationale JRS. L’actuelle loi sur les stupéfiants a 30 ans et elle est aujourd’hui dépassée. Le recul significatif du nombre d’héroïnomanes et de victimes d’overdoses est l’un des résultats positifs de la politique des quatre piliers. Christa Markwalder Bär tire un bilan : "Il faut maintenant ancrer dans la loi le principe des quatre piliers qui a incontestablement fait ses preuves à travers la révision de la loi sur les stupéfiants".

Décriminaliser la consommation de cannabis et renforcer la prévention

Au moins 500 000 personnes consomment du cannabis en Suisse, occasionnellement ou régulièrement. "La criminalisation de la consommation du cannabis favorise le marché noir et les délits organisés qui lui sont associés", constate froidement Claudio Gentilesca des JDC du canton d’Argovie. "Pour l’éviter, il faut que la vente de cannabis soit séparée du marché noir et des drogues dures, régulée et contrôlée par l’Etat", préconise Gentilesca. Par ailleurs, la dépénalisation de la consommation de cannabis prévue par la révision de la loi sur les stupéfiants permettra une prévention plus efficace et une meilleure protection des jeunes. En effet, la nouvelle LStup impose expressément aux cantons de concevoir des offres dans le domaine de la prévention.

Les JDC et les jeunes radicaux suisses en appellent au Conseil national "Dans sa prise de position sur la politique de la drogue, le PDC Suisse soulignait encore explicitement il y a un an son adhésion à l’ancrage du modèle des quatre piliers dans la loi et à la dépénalisation de la consommation de cannabis", a rappelé Stefan Gassmann, président des JDC du canton de Lucerne. Il s’est déclaré déçu que l’automne dernier, peu avant les élections fédérales, la fraction PDC se soit néanmoins prononcée contre l’entrée en matière sur la révision de la loi sur les stupéfiants. Tout comme ce représentant des JDC tourne maintenant tous ses espoirs vers son parti, Daniel Helfenfinger, président des Jeunes radicaux suisses, s’adresse lui aussi au sien : "Le PRD a souvent souligné sa volonté d’adopter une position libérale face aux grands problèmes de société. Il en a une nouvelle fois la possibilité avec la révision de la loi sur les stupéfiants". Les JDC et les JRS lancent ainsi un appel unanime au Conseil national : "Refuser d’entrer en matière sur la révision de la loi reviendrait à nier les succès de la politique des quatre piliers menée jusqu’à présent dans le domaine de la drogue, empêcher une protection adéquate des jeunes et continuer d’en criminaliser un grand nombre."