"Seine-Saint-Denis : cinq policiers soupçonnés de voler des dealers" par l"Express

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 24/03/2015 à 07:34

Seine-Saint-Denis : cinq policiers soupçonnés de voler des dealers

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Cinq policiers de la Brigade anticriminalité de Stains, en Seine-Saint-Denis, sont soupçonnés de s’être livré à du trafic de drogue volée à des dealers, à des violences et menaces, notamment sur leur supérieure...

Quatre policiers de la BAC sont soupçonnés de vols en réunion et d’extorsion de fonds dans le cadre d’affaires de stupéfiants notamment, ou lors de la saisie de scellés. afp.com/Philippe Huguen

Trafic de drogue volée à des dealers, violences et menaces, notamment sur leur supérieure... C’est la longue liste des faits reprochés à cinq policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) de Stains, en Seine-Saint-Denis, placés en garde à vue lundi. Les cinq fonctionnaires sont entendus dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Bobigny notamment pour "vol et violences aggravés, association de malfaiteurs en vue de se livrer au trafic de stupéfiants", a précisé le parquet, qui n’était pas en mesure d’entrer dans les détails des faits qui leur sont reprochés.

Interpellés pour certains sur leur lieu de travail par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), ils peuvent être maintenus en garde à vue pendant 96 heures, avant leur éventuelle mise en examen. La police des polices dispose "d’indices graves et concordants" contre ces fonctionnaires, ont précisé des sources policières.

"Les faits dont ils sont suspectés sont extêmement graves"

La justice enquête sur des soupçons de délits commis par des policiers de cette BAC depuis mai 2014, a précisé une source judiciaire. Les faits qui leur sont reprochés remontent au moins à 2013, et les fonctionnaires ont continué de travailler dans la police jusqu’à aujourd’hui, a précisé cette source. "Les faits dont ils sont suspectés sont extrêmement graves", a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dans un communiqué. "Si ces faits sont avérés", le ministre "prendra des sanctions disciplinaires d’une grande sévérité, comme à chaque fois que les lois et les règles déontologiques sont enfreintes", a-t-il affirmé.

Que leur reproche-t-on ?

Dans le détail, les policiers sont soupçonnés d’avoir "ciblé des personnes" se livrant au trafic de drogue dans cette banlieue pauvre du nord de la région parisienne, pour les voler, selon la source judiciaire. Ces présumés "ripoux" auraient extorqué des fonds à leurs victimes et se seraient servis dans les scellés, ont précisé les sources policières. Ils se seraient également livrés à des "perquisitions à la mexicaine", qui n’avaient jamais été ordonnées par la justice, "en simulant un cadre légal" pour se servir chez leur victime, a précisé la source judiciaire.

Outre les délits particulièrement graves visés par le juge d’instruction, les investigations portent également sur des soupçons de "modification d’une scène de crime" et de consultation illégale d’un fichier informatique. Enfin, dans une procédure distincte de celle qui leur vaut une garde à vue lundi, les cinq policiers sont soupçonnés d’avoir menacé leur supérieure hiérarchique, au point qu’elle "a dû quitter son poste" au commissariat de Stains.

Avec AFP