"Trafic de stupéfiants autour d’un lycée du Mesnil-Esnard, le réseau démantelé et les auteurs condamnés" par Paris Normandie

Publié le 25/02/2016 à 23H02

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Trafic de stupéfiants autour d’un lycée du Mesnil-Esnard, le réseau démantelé et les auteurs condamnés

Un trafic d’importance démantelé alors que plus d’un jeune sur deux dit avoir essayé au moins une fois du cannabis (photo d’illustration)

Samuel D., 26 ans, Joseph J., 24 ans, Maxime P., 25 ans, sont trois amis d’enfance. Ils ne sont pas joints que par leurs souvenirs communs. Les stupéfiants jouent un grand rôle dans leur amitié.

En 2015, ils ont constitué un véritable réseau de distribution de cannabis aux abords du lycée La Châtaigneraie. Joseph J. y tient le rôle principal en tant que dealer. Samuel D. aurait été le rabatteur, amenant des clients à son ami. Maxime P. se retrouve devant le tribunal surtout en raison de sa très importante consommation. Il achetait de 200 à 300 euros de cannabis par mois à Joseph J. pour lui et son père, également accro à la substance.

« J’ai repris la vente car ma petite amie m’a quitté »

Grâce à des écoutes téléphoniques, les gendarmes, qui soupçonnent Joseph J., arrivent à identifier plusieurs clients et constatent qu’un voyage aux Pays-Bas a été organisé afin d’importer de l’herbe sur le territoire.

- «  Vous aviez déjà été condamné pour trafic de stupéfiants. Pourquoi avez-vous recommencé ? », demande la présidente.

- « J’ai repris la vente de cannabis, car ma petite amie m’a quitté et j’avais commencé à boire », lui répond Joseph J.

- « Pendant votre audition vous parliez d’une dette auprès d’un fournisseur qui vous mettait la pression ? »

- « Oui il y a cette raison-là aussi, mais dès que l’on est en prison on oublie les détails. »

- « Vous ne comptez pas être plus précis en ce qui concerne l’identité de votre fournisseur ? »

- « Non, il a trop d’influence. »

- « Mais quand vous allez sortir, vous aurez toujours cette dette, qu’allez-vous faire ? »

- « Je vais trouver un travail pour rembourser. »

- « Comment avez-vous connu toutes ces personnes ? »

- « On se passe le mot entre dealers. Dès qu’on arrête, un autre reprend. Il y a de nombreux dealers sur le plateau  », détaille Joseph J.

Toujours un dealer pour reprendre le flambeau

- « Les trois prévenus minimisent leur implication dans le trafic. Joseph J. me paraît le plus impliqué. Nous sommes loin du petit trafic même s’il n’est pas national. Il est organisé. La plupart des transactions ont lieu aux alentours d’un lycée connu pour ses problèmes de stupéfiants. On a beaucoup de mal à régler ce souci, dès qu’on y fait place nette, il y a un dealer pour reprendre le flambeau », explique la procureure.

- « Ce sont d’abord des amis d’enfance. Ils se connaissent de longue date et habitent le même quartier. Il n’y avait pas que les stupéfiants qui les liaient. Il y avait aussi le fouet, les soirées. Ce n’est que des relations d’amitié qui ont mal tourné pas un trafic d’ampleur », plaide l’avocate de la défense.

Le tribunal condamne Joseph J. à 18 mois de prison ferme, Samuel D. à 90 jours-amendes d’un montant de 5 € ; tandis que Maxime P. est condamné à effectuer une peine de travaux d’intérêt général pour une durée de 105 h.