Tunisie : le cannabis devient, dans les faits, un quasi symbole de Liberté !

Nous vous avons instruit de différents épisodes de l’affaire Azyz Amami, ce blogueur tunisien arrêté (violemment) et passé en tribunal grâce au prétexte du cannabis. Une méthode qui rappelle l’ancien régime, trop même puisque la grogne s’étend et prend vraiment de l’ampleur. Il y a actuellement presque 8000 prisonniers cannabiques pour une population totale de 10 886 500 habitants. Toutes proportions gardées, le ratio carcéral cannabique est un peu plus élevé qu’en France mais ces deux pays font partis du peloton de tête des états les plus répressifs au monde ! Ma question est : la révolution tunisienne, a t-elle vraiment changé les choses dans ce pays ? Apparemment, beaucoup de tunisiens en doutent autant que moi et cette remise en question de la répression du cannabis - même pour ceux qui habituellement ne fument pas de cette plante - est une réforme test (annoncée par le premier ministre), très surveillée et trèèèès attendue !


Article non signé publié le 17/06/14.

http://fr.africatime.com/articles/e...

En Tunisie, une loi anti-cannabis très dure est de plus en plus contestée

(France Inter 17/06/14)

Manifestation contre la loi 52 à Tunis.

Amal, jeune tunisienne :

Tout le monde fume en Tunisie, je pense. Même ceux qui ne fument pas connaisse au moins une personne de leur famille qui fume. Actuellement il y a près de 8 000 détenus pour fumette de cannabis.

Amal, une jeune tunisienne, manifestait il y a quelques jours devant le palais de justice contre l’arrestation d’un ami soupçonné d’avoir fumé du cannabis. Un délit dans le pays, passible d’un an de prison ferme.

Mais de plus en plus de voix s’élèvent contre cette loi jugée trop répressive, qui remplit les prisons et semble contreproductive.

Mohamed :

On tombe tellement bas, on se retrouve avec des gens qu’on ne peut même pas appeler « des gens ».

Mohamed avait 20 ans quand, en 2005, il s’est retrouvé en prison. 8 mois derrière les barreaux pour cet étudiant en cinéma, dans un autre monde, parce qu’il avait consommé du cannabis :

Tu es obligé de survivre à côté de ces gens-là. Cela va du voleur jusqu’aux meurtriers récidivistes ou aux violeurs, aux pédophiles… La première chose que j’ai faite en sortant, c’est prendre une douche et fumer un joint dans la douche… Voilà.

Mohamed a vu sa peine réduite mais le tarif en Tunisie lorsque l’on a fumé de la « zatla », du cannabis : un an minimum. Actuellement, 7.000 des 24.000 prisonniers tunisiens le sont pour une simple fumette. Pas besoin de flagrant délit, un contrôle de police, une tête qui ne revient pas.

Amal, danseuse de 25 ans, a été arrêtée 6 jours, puis libérée. Elle revient avec nous devant l’hôpital où elle a été conduite par la police pour subir un dépistage :

J’ai visité c’est lieu de 23 septembre 2013 pour passer mon teste d’urine avec mes copains. Un monsieur policier est rentré avec moi aux toilettes. Je devais uriner devant lui. Il n’y avait pas de médecin. Les garçons, c’était dans le parking, juste à côté de la voiture. Ils n’étaient même pas aux toilettes. Il y avait des policiers avec eux et on n’arrêtait pas de les frapper pour qu’ils urinent. Il y avait des médecins qui faisaient l’aller-retour, qui regardait ça.

Des méthodes dignes de l’ancien régime. La loi qui punit les consommateurs date elle aussi de Ben Ali : en 1992, la loi 52. Elle ne prévoit pas de circonstances atténuantes.

Pour beaucoup, elle a été instaurée pour faire taire les opposants. Ceux qui peuvent graisser la patte d’un juge ou d’un policier le font, nous disait un avocat tunisien qui milite contre cette loi. Pour éviter un an de prison parfois ravageur.

Nabil Ben Salah, est le directeur général du ministère de la Santé :

Vous imaginez bien qu’en prison, on va apprendre beaucoup plus d’autre chose. Et sortira plutôt un trafiquant qu’un consommateur.

Trop rigide, la loi 52 pourrait être révisée. Depuis 2009 déjà, plusieurs ministères travaillent sur un nouveau texte. Il est en passe d’être achevé.

Nabil Ben Salah, nous en révèle déjà l’un des grands traits :

Les lignes principales, c’est que ce texte passe le toxicomane plutôt du côté du malade. C’est-à-dire qu’il faut traiter. Il est beaucoup plus urgent de le traiter que de le condamner ou de lui donner une amende.

Pour l’instant, rien ne dit quand cette révision sera soumise au vote de l’assemblée.

P.-S.

Voici un instantané de l’état de la condition cannabique en Tunisie. Cher public français, voyez comme vos gouvernants ont fait des émules mais ici, l’élève a dépassé le Maitre dans la forme oppressive comme dans les résultats ! Au su des résultats constatés, monsieur Costentin doit être satisfait, enfin, des effets toujours plus répressifs de la répression en Tunisie !

Quant à l’article : certes, j’aurai pu citer directement France Inter, mais je tenais à vous faire connaitre Africatime.com, une Presse africaine assez ... décomplexée qui traite parfois de sujets chaud-chauds ! Comme par exemple une petite affaire de corruption dans l’armée au Maroc et la répression d’un capitaine qui ... enfin, lisez, vous comprendrez !

C’est le genre d’informations annexes qui finissent par croiser le sujet du cannabis (le Maroc, l’armée, le cannabis, la corruption ...) et nous éclaire un peu de "ce qu’il se passe vraiment en coulisses".

Enfin bref, passer l’usager du cannabis du statut de criminel à celui de patient, et continuer la répression, n’est pas ce que l’on désigne habituellement un véritable changement. Ou alors, c’est un changement "à la François Hollande". Les hôpitaux tunisiens ont-ils les moyens de traiter humainement probablement 1 000 000 d’usagers de cannabis ? On peut en appréhender la réponse avec une certaine crainte !

"France 5" confirme cet aspect inquiétant !

Note : on découvre dans cette vidéo, que la prohibition a adaptée ici, son discours alarmiste à la culture orientale : "le cannabis mène à l’alcool puis au sexe" ! C’est la théorie de l’escalade version académie de pharmacie tunisienne, preuve ici d’une manipulation. Une vidéo implacable ou l’on apprend que les antiinflammatoires traitent les addictions ! Et où chaque propos sur le cannabis fini par une description d’effets et de problèmes de drogue dure comme ceux des opiacés. Je demande à des experts français en lutte contre les addictions de bien vouloir commenter et critiquer cette vidéo et de la comparer avec ce qu’on leur fait faire en France ! Très instructif !

Le gouvernement tunisien n’a pas compris l’importance de ce qui motive ce mouvement de grogne. Ou plutôt, fait semblant de ne pas comprendre ... afin de maintenir cet interdit politiquement bien pratique et coûte que coûte pour faire aussi plaisir à la France et à l’Algérie !

Notez une dualité au sein du même gouvernement :

Le Premier Ministre tunisien favorable à une modification de la loi sur le cannabis

Le ministre de l’Intérieur y est totalement opposé

Je ne suis pas tunisien : je ne veux pas me mêler de politique tunisienne ... mais, je suis rédacteur et j’enquête ! Et ce que je découvre me laisse pantois : il semblerait que pour le gouvernement tunisien, le peuple tunisien (son bonheur, sa liberté et son avenir ...) soit le cadet de ses soucis !

L’idée de la "démocratie à la française" s’exporte bien, dirait-on !" Cela a l’aspect, la couleur et le goût de la démocratie ... mais n’est pas de la démocratie" ! Juste un simple "foutage de gueule" ! Une rumeur affirme que ce serait une forme travestie de colonisation moderne. Et le "rôle" du gouvernement tunisien, "démocratie dattière" (version magrébine des nations bananières) serait alors de tenir son peuple en laisse pendant sa spoliation et de lui apprendre à souffrir en silence ! Vu sous cet angle, cela laisse prévoir une seconde révolution !

Quoi qu’il en soit, il semblerait bien que la formule suivante se vérifie dans tous les cas " la façon dont un pays traite à son niveau la question du cannabis, témoigne de l’état réel de la démocratie dans ce dernier ! ". Le cannabis, plus que jamais, s’érige en symbole de Liberté !

JLB