Tunisie : précisions sur l’affaire Aziz Amami
Tunisie : à Chanvre Info, nous avons un peu suivit l’actualité au sujet de l’affaire Azyz Amami. Voici un article qui nous replonge un peu en arrière, mais qui est si riche en détails concernant cette affaire compliquée, qu’il a toute sa place dans notre dossier. L’opinion publique tunisienne se doute d’un probable retour des anciennes méthodes policières d’avant révolution et surveille le dénouement de cette histoire en le "vivant" comme une sorte de test. Or, la question du cannabis est placée au beau milieu de ce dernier.
Publié le (?) 23 mai 2014 par Tawa fi Tunis
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Azyz Amami en prison : La mobilisation ne faiblit pas
La mobilisation continue pour faire libérer Azyz Amami, blogueur et activiste et son ami Sabri Ben Mlouka, tous deux arrêtés pour « détention et consommation de cannabis », il y a dix jours. Dans la rue, sur le net et dans les salles de cinéma les citoyens et militants continuent la bataille.

Alors que le blogueur et activiste Azyz Amami, ainsi que son ami Sabri Ben Mlouka, arrêtés dans la nuit du 12 au 13 mai dernier, comparaissent aujourd’hui au Tribunal de Tunis, la mobilisation continue. Des militants ainsi que des citoyens se sont retrouvés devant le palais de justice, tôt ce matin.

Une mobilisation importante du fait de la portée politique de ce procès, pour Thameur Mekki, journaliste et activiste :
"Ce procès contre Azyz est clairement politique. Cet acharnement policier et judiciaire contre les militants indépendants va à l’encontre du processus d’évolution des libertés et des droits individuels. Cela constitue un tournant très dangereux. La police reprend ses anciennes méthodes, qui visent à souiller la réputation et l’éthique des militants. Cela rappelle l’époque de Ben Ali où l’on pouvait voir dans la presse des articles parlant d’affaires de mœurs impliquant des activistes".
Mobilisation culturelle
Pendant trois jours quatre salles de cinéma ont diffusé gratuitement le film Wled Ammar qui parle des activistes qui ont lutté contre la censure sur le net à l’époque de Ben Ali et dans lequel Azyz Amami témoigne de son engagement à faire aboutir le processus révolutionnaire. Pour Thameur Mekki le fait qu’un nouveau corps de métier se soit solidarisé à la cause est positif : « Il y a une forte portée symbolique et cela montre que l’affaire d’Azyz a un intérêt national. Ici les distributeurs du film, les producteurs, ainsi que les gérants des salles ont voulu marquer leur soutien. Il y a donc l’adhésion d’un nouveau corps professionnel. Après les avocats, les journalistes, le cinéma. »
Pétition sur le net
Sur le site Change.org une pétition a été mise en place. Adressée au Premier ministre tunisien, elle l’invite à libérer tous les jeunes de la révolution. Elle a été mise en ligne le 17 mai dernier et a récolté, pour l’heure, quelques 3000 signatures.
Sana Sbouai
