UDC : NOTRE POLITIQUE EN MATIERE DE DROGUE EST L’ILLUS-TRATION D’UNE POLITIQUE SOCIALE ERRONEE
SERVICE DE PRESSE UDC - 24.04.2006
Ces derniers mois, la commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil national a recommencé à bricoler une révision de la loi sur les stupéfiants. Le pro-cédé tient de la tactique du salami la plus classique : on procède par petites étapes pour tout de même libéraliser la consommation de drogues en maintenant un dis-positif de prévention plus théorique que pratique. Ces manœuvres visent évidem-ment à obtenir l’adhésion du peuple et du parlement à la libéralisation du canna-bis.
L’OFSP s’intéresse-t-il vraiment à la santé des citoyens ?
Les scènes ouvertes de la drogue et la déchéance des toxicomanes sont une illus-tration navrante de l’échec de la politique suisse en matière de drogue. Le bon sens commanderait donc de soumettre à une analyse critique les résultats de cet-te politique menée durant les quinze dernières années. Mais les responsables de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) refusent simplement d’envisager un tel réexamen. Ces prétendus "spécialistes" ne tarissent pas d’éloges sur leur propre travail. Ils tentent en permanence de faire croire aux citoyens que le nombre de morts dues à la drogue a fortement baissé grâce à leur politique. C’est le contraire qui est vrai : si la statistique concernant la drogue incluait aussi les décès pro-voqués indirectement par l’abus de drogues, on se rendrait compte à quel point les chiffres de l’OFSP sont sélectifs. Car si l’OFSP appliquait au décompte des per-sonnes mortes de la consommation d’alcool et de nicotine la même méthode que celle que cet office utilise pour recenser les décès dus à la drogue, on constaterait qu’il n’y a presque pas de décès parmi les deux premiers types de consomma-teurs. Comment l’OFSP ose-t-il appréhender la réalité de manière aussi sélective ?
La nouvelle politique en matière de drogue a échoué
Lancée il y a quinze ans, la politique actuelle en matière de drogue a pour objectif de réduire le problème de la toxicomanie et d’empêcher le commerce et la con-sommation de drogues. Or, le message central, selon lequel le problème principal n’est pas la drogue mais l’interdiction de la consommation, illustre l’absurdité de cette nouvelle orientation politique.
Le directeur de l’OFSP, le professeur Thomas Zeltner, et son collègue, le pro-fesseur Felix Gutzwiller, affirment à la cantonade que la consommation d’alcool est beaucoup plus dangereuse que celle de cannabis. Or, la réalité contredit massive-ment les rêveries irresponsables de ces deux professeurs radicaux : durant les quinze dernières années, la consommation de drogues dures comme l’héroïne et la cocaïne a massivement augmenté. Officiellement, on parle de 70’000 toxico-manes, mais les connaisseurs de la scène parlent plutôt de 100’000 cocaïnomanes et de 40’000 héroïnomanes. Et on ne parle guère de l’extasy, alors que les pilules thaïes, qui sont disponibles en quantités toujours plus importantes, sont com-plètement ignorées.
Un adolescent sur trois abandonne sa formation
Nonobstant les efforts des autorités visant à dissimuler les conséquences graves de la consommation de drogues, les effets désastreux de la consommation crois-sante de cannabis sont de plus en plus manifestes. Dans le canton de Zurich, un tiers des adolescents en apprentissage abandonnent leur formation. Par ailleurs, la Suisse affiche le taux de suicide le plus élevé du monde parmi les jeunes. L’OFSP refuse obstinément de voir un rapport entre ces phénomènes et la consommation de cannabis. Le bilan de ces quinze années de politique en matière de drogues est navrant : les problèmes se sont aggravés au lieu d’être résolus. Comment peut-on parler de succès dans ces conditions ?
Le résultat d’une politique sociale erronée
Dans la ville de Zurich, les effets négatifs de la politique dite des quatre piliers sont particulièrement manifestes. Les responsables de cette politique commencent par affirmer que cette politique doit être supportable pour la ville et la société. Selon un rapport approuvé par l’exécutif et le législatif de la ville, la séparation sociale des personnes concernées doit passer avant l’aide apportée aux toxico-manes. Donc, au lieu de résoudre le problème, on le tait et on le cache.
Cette conception erronée de la politique sociale se reflète également dans l’atti-tude des travailleurs sociaux dont l’activité vise d’abord à isoler les toxicomanes au lieu de tenter de les conforter et de les réintégrer dans la société. La protection et l’entretien des dépendants sont donc au cœur de cette politique prétendument sociale. Au lieu de redonner un sens des responsabilités aux toxicomanes, on les maintient soigneusement dans leur dépendance. Les familles logées pendant des semaines dans des hôtels aux frais de l’assistance sociale et l’installation plus que douteuse de jeunes dans un centre espagnol sont d’autres conséquences logiques de ce "travail social".
Effets désastreux d’une fausse politique en matière de drogue
Les conséquences de cette politique sociale sont une augmentation du nombre de personnes dépendantes de l’assistance sociale ou touchant une rente AI ainsi que l’explosion des coûts sociaux. La politique en matière de drogue n’est qu’un élé-ment d’une politique sociale erronée. La forte progression du nombre de cas soci-aux, de rentiers AI et de malades psychiques est pour une bonne part le résultat de cette politique sociale erronée.
Cette politique en matière de drogue, élément des politiques sociale et de la santé, est la manifestation visible d’une mentalité marquée par une vision peu re-spectueuse de l’être humain. Quand, pour préserver la société, on déclare des malades inguérissables et qu’on n’estime pas nécessaire de redonner liberté et indépendance à ces malades, on adopte une attitude totalitaire, donc infiniment condamnable. Il est grand temps d’imposer un tournant à la politique en matière de drogue. Le coût social et financier de 100’000 toxicomanes impose un réex-amen objectif de la situation.