"Un commando s’était attaqué aux gendarmes pour le faire évader" par le Courrier Picard

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Par GAUTIER LECARDONNEL, publié le 09/09/2015

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Un commando s’était attaqué aux gendarmes pour le faire évader

Quatre gendarmes ont dû faire face à des hommes munis d’armes de guerre.

Le Creillois Mohamed Benabdelhak est jugé à partir d’aujourd’hui à Lille pour une évasion spectaculaire à Beauvais en 2008. Pour lui, il a déjà purgé sa peine.

C’est un nouveau rendez-vous judiciaire pour le Bombé, surnom de Mohamed Benabdelhak. Le Creillois, 35 ans, est jugé ces jeudi et vendredi par les magistrats du jirs (juridiction inter-régionale spécialisée) de Lille pour l’affaire qui l’a fait connaître dans la France entière : l’évasion de Beauvais.

Le 18 novembre 2008, vers 12 h 45, sur la D1001 à l’entrée de Beauvais. Une Renault Kangoo emmène le Bombé dans le bureau d’un juge d’instruction. Une Mini Cooper percute soudainement le véhicule. Un autre véhicule bloque la Kangoo par l’avant. Plusieurs hommes encagoulés menacent les quatre gendarmes avec des armes de guerre. Ils s’enfuient avec Mohamed Benabdelhak dans une Audi et une Mercedes.

« J’ai été kidnappé »

Considéré par les autorités comme l’un des principaux importateurs de cannabis en France, le Bombé s’était réfugié au Maroc. Il avait finalement été interpellé en janvier 2014 en Belgique.

Comme dans toutes les procédures ouvertes à son encontre, le Creillois se dit innocent. En octobre dernier, il a été relaxé dans l’affaire de trafic de drogue (on parle d’1,4 tonne de cannabis) qui lui avait valu son placement en détention provisoire, faute de preuves suffisantes. Lors de ce procès, le Bombé s’était brièvement exprimé sur l’évasion : «  J’ai été kidnappé (…) J’ai eu peur ». Pourquoi alors partir en cavale au Maroc plutôt que de se rendre aux autorités ? Les avocats du Creillois, Mes Berton, Vigier et Dehapiot, vont axer leur défense essentiellement sur un élément : «  Il a été condamné à deux ans de prison au Maroc pour l’évasion, et il a purgé sa peine », explique Me Vigier. Deux ans, cela peut paraître peu quand on sait que deux complices ont écopé de 9 ans de prison en France. Il n’empêche. « Il n’y a aucune raison qu’il soit condamné deux fois pour la même chose ! », s’emporte son épouse. Le Bombé, désormais incarcéré à Nantes, sera jugé par visioconférence. Il devrait très peu s’exprimer au cours du procès.

Après l’audience, quelle qu’en soit l’issue, le Bombé n’en aura pas fini avec la justice. Il est mis en examen à Bordeaux dans le cadre d’un vaste trafic de cannabis. Dans cette affaire, dans laquelle il se dit innocent, Benabdelhak a bénéficié de la rétractation de son principal accusateur, un autre Creillois surnommé Gros Mourad. Il a fait savoir qu’il avait passé un deal avec un juge d’instruction : il balançait le Bombé, et il était libéré de prison. Deux mois plus tard, l’homme est en effet sorti.

Un autre commando a-t-il voulu faire évader Mohamed Benabdelhak alors qu’il était emprisonné en Belgique après son interpellation en 2014 ? Le Creillois assure que ce n’est pas lui que les malfaiteurs venaient chercher. Quatre personnes avaient été interpellées en juin dernier dans le cadre de cette affaire.