Un rappel utile sur la question de la légalisation du cannabis au Maroc !

Bof ! Le titre annonce une évolution de la problématique mais le texte n’en fait aucune mention ou description réelle. Pour Chanvre Info, ce qu’il rapporte n’a rien de nouveau et correspond à une situation qui dure depuis quelques semaines déjà ! En revanche, ce papier s’annonce excellent comme résumé actuel de la situation politique et pour les chiffres qu’il rapporte (utiles pour les activistes-blogueurs militants). Ainsi que pour tous lecteurs curieux qui cherchent à s’instruire et à "comprendre".


Le Point.fr - Publié le 10/08/2014 par Christelle Marot

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Légalisation du cannabis : le débat relancé au Maroc

Des officiels et des gendarmes s’apprêtent à brûler des lots de cannabis en mai 2013 près de Casablanca. © Meriem Ismail / AP/SIPA

Des projets de loi ont été déposés par les deux formations politiques pour demander la légalisation de la culture à des fins thérapeutiques et industrielles et solliciter l’amnistie pour les 48 000 cultivateurs qui vivent en semi-clandestinité dans le nord du pays.

L’Istiqlal propose que la culture du cannabis soit limitée à cinq régions, Al Hoceima, Chefchaouen, Ouazzane, Tétouan et Taounate, tandis qu’une agence étatique devrait se charger de contrôler l’exploitation et la commercialisation.

Au Maroc, la culture du cannabis est officiellement prohibée. Dans les faits, en vertu d’un dahir de 1917 (décret royal), elle est tolérée dans la région de Ketama-Issaguen, fief historique berbère situé dans les montagnes du Rif. Dans cette région rebelle qui n’a cessé de s’opposer au pouvoir, le cannabis est cultivé depuis le 15e siècle. À l’indépendance du Maroc en 1956, le roi Mohammed V, grand-père du souverain actuel, a tenté de l’interdire, mais a fait marche arrière devant la colère des Rifains.

Aujourd’hui, le cannabis demeure la source principale de revenus pour les paysans. Une situation ubuesque où la culture n’est ni totalement interdite ni totalement légale.

Quatre-vingt-dix mille familles concernées

"Nous devons sortir les petits cultivateurs du trafic et des chiffres de la drogue et nous attaquer à ceux qui maîtrisent le trafic", explique Chakib Al Khayari, figure de proue du combat associatif pour la légalisation du cannabis et président de l’Association Rif des droits humains (ARDH). Il faut en effet dire que le cannabis marocain qui inonde la quasi-totalité des marchés européens rapporte principalement aux barons locaux, tandis que les petits cultivateurs végètent. Au total, près de 90 000 familles s’adonnent à la culture du cannabis.

Selon le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), paru fin juin, le Maroc continue d’être le principal producteur mondial de cannabis, avec plus de 38 000 tonnes en 2012, loin devant le Mexique (12 166 tonnes) et l’Afghanistan (1 400 tonnes). Dans le royaume chérifien, les surfaces totales cultivées sont estimées à 52 000 hectares, contre 130 000 il y a dix ans environ. Des chiffres à prendre avec des pincettes, car depuis 2005, les experts de l’ONUDC ne sont pas autorisés à venir sur place pour enquêter. De fait, ces données sont celles transmises par les autorités marocaines.

Un débat vif entre les partis

"C’est une bonne chose que les parlementaires s’emparent du débat sur la légalisation du cannabis, mais les projets de loi ont été déposés dans la précipitation. Il y a de nombreux points qui ne sont pas abordés. Le sujet mérite un débat national sur plusieurs années, avec la participation des associations et des cultivateurs, mais aussi celle d’experts, de médecins, d’économistes, de juristes", relève Chakib Al Khayari, qui craint qu’une telle précipitation ne torpille le projet.

Selon la presse marocaine, l’empressement de l’Istiqlal et du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM) s’expliquerait par des visées électoralistes, en vue des prochaines communales de 2015. Le Rif est un réservoir de voix non négligeable, d’environ un million d’électeurs. "Une surenchère électorale inacceptable", a ainsi déclaré Abdellah Bouanou, député du Parti de la justice et du développement, parti islamiste au pouvoir, dans une sortie fin juin à la Chambre des représentants.

Pour autant, le PJD n’est pas opposé à travailler sur la question de la légalisation du cannabis, tout comme un autre parti, l’Union constitutionnelle. "Sur le fond, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) n’est pas contre. Notre collectif avait envoyé un texte à tous les groupes parlementaires dès 2012 et le PJD avait répondu favorablement à l’idée d’engager des discussions. Légaliser le cannabis n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. Le but ultime c’est de développer la région du Rif et de lutter contre le trafic illicite", rappelle Chakib Al Khayari.

C’est que la lutte contre le trafic de cannabis au Maroc reste un sujet délicat. Le militant en sait quelque chose. Il a déjà passé deux ans et demi en prison pour avoir dénoncé le trafic de drogue à Nador.

P.-S.

Au Maroc, rien de nouveau, on discute ... blablabla - on se querelle ! Pour comprendre les subtilités des différents pouvoirs, au Maroc, il faut être marocain. Ce n’est pas une critique, mais pour nous occidentaux, nous faisons cas ici d’une société très différente de la nôtre, tant au niveau culturels et religieux que de par le fait, que c’est aussi un royaume et non pas une république. Ainsi, nous ne pouvons pas toujours tout comprendre du "pourquoi de ce qu’il s’y passe" ?

En fait, ce que ne dit pas cet article, c’est que les autorités semblent "coincées" dans leurs décisions à prendre sur le sujet et ce sont elles qui, par leurs indécisions, bloquent et ralentissent le processus du projet de loi.

Trois problèmes principaux les contraignent :

- La question des pressions internationales et du jeu de la diplomatie,

- le manque d’eau en rapport aux techniques de cultures européennes citées en modèle,

- la pression de l’Algérie voisine, ennemie héréditaire, et de son ras-le-bol à être submergé par du haschisch marocain !

Rajoutez y un quatrième souci, mais officieux celui-ci : le roi du Maroc est attitré de "commandeur des croyants" et il existe une rébellion islamiste qui profite du trafic (sub-saharien) du cannabis marocain pour financer ses opérations et son développement.

C’est fâcheux, parce que je ne pense pas que le Roi soutienne ces islamistes, il devrait même logiquement les percevoir en ennemis. Mais dans les faits, c’est comme s’il le faisait et ceci le met alors dans un fâcheux embarra.

La seule solution qui s’offre serait alors de canaliser la production de haschich existante dans une filière légale plus stable et rémunératrice qui permettrait de mettre un terme définitif au trafic de grande ampleur.

Pour cela, il faudrait que l’Europe légalise au moins le cannabis médical car avec ses superficies développées, le Maroc pourrait (et serait même le seul) proposer des cannabinoïdes "haut-de-game" à moindre coût donc les moins chers sur un marché devenu légal et stable (politiquement parlant) !

La culture sous lampes des occidentaux fonctionne très bien mais coûte vraiment trop cher et pose un problème de surconsommation électrique aux réseaux électriques. Le Maroc aurait donc toute sa place et son rôle à jouer dans un Monde ou le cannabis médical serait libéré, mais toutes les données actuelles démontrent au contraire une Europe hostile au cannabis, médical ou non !

Franchement, je plains les députés marocains - et leur Roi : ils héritent d’un des plus complexes et délicat sujet politiquement problématique du monde ! Et personne ne leur donnera un soutien ou un "coup de main" !

JLB