"Un spécialiste normand s’oppose fermement à la légalisation du cannabis" par Paris Normandie

"Tient ... ? La prohibition a de plus en plus de mal à trouver des professeurs qui s’engagent à combattre pour leurs thèses" me suis-je demandé ... allons voir ce que dit ce prof issu d’un trou Normand ! Et patatras ... sur qui on tombe : monsieur "the" Professeur émérite de la faculté de médecine et de pharmacie de Rouen, auteur de plusieurs "livres" sur la question, Jean Costentin ! Je vous préviens c’est un intégriste de la prohibition et nous suivons ses délires depuis de nombreuses années.

Costentin possédé par l’Esprit de Nahas - exorcisme - dessin du CIRC

Que dire d’autre que la plupart des arguments pointés ci-dessous sont faux et que cet éminent pharmacologue ferait bien de lire le Bulletin IACM pour se tenir un peu au courant de l’état de la recherche sur les cannabinoïdes ... !


Publié le 14/04/2016 á 22H47

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Un spécialiste normand s’oppose fermement à la légalisation du cannabis

Entretien. Professeur émérite de la faculté de médecine et de pharmacie de Rouen, auteur de plusieurs livres sur la question, Jean Costentin réagit à la suggestion de légalisation de Jean-Marie Le Guen. Chiffres et arguments à l’appui.

Le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen a allumé la mèche. Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, l’a éteinte dans la foulée. Il n’empêche, le serpent de mer de la légalisation du cannabis s’est à nouveau invité dans le débat politique l’espace de quelques jours, provoquant l’ire des uns et l’enthousiasme des autres. Mais pour le spécialiste de la question, le professeur Jean Costentin, la question ne devrait même pas être posée.

Comment expliquez-vous l’arrivée de ce débat dans l’actualité ?

n Jean Costentin : « Je ne fais pas de politique, mais hélas, ça se produit lorsque le Premier ministre Manuel Valls et la ministre Myriam el Khomri reçoivent la jeunesse pour parler de la loi Travail. Cela donne à penser que c’était dans le paquet cadeau ! »

Mais le débat ne mérite-t-il pas d’être ouvert ?

n «  La France, parmi les 28 États membres, est le pays où les jeunes sont les plus gros consommateurs de cannabis. Chez les 12-15 ans, 300 000 gamins ont déjà eu accès à ce produit. Or, plus tôt on l’essaye, plus tôt on l’adopte ! Sauf que le cannabis a des effets dramatiques. Et ce n’est pas nouveau : déjà en 1853, Jacques-Joseph Moreau de Tours, dans Du hachisch et de l’aliénation mentale, notait les effets de cette drogue. On sait maintenant que 15 % des schizophrénies sont dues à la consommation de cannabis et que les risques augmentent si le sujet commence jeune. »

Qu’en est-il de l’usage médicinal ?

n « Un médicament se définit par rapport au bénéfice-risque. Il y a des bénéfices certains mais éminemment modestes et il existe des produits bien plus efficaces. En revanche, pour ce qui est des risques liés à son utilisation, ils sont bien plus importants. Parler d’utilisation médicinale, c’est participer à la banalisation du produit. »

Quels sont les risques liés au cannabis ?

n «  Le tabac tue 78 000 personnes par an en France. Il y a 6 à 8 fois plus de goudron, cancérigène, dans un joint car l’herbe, la beuh, la résine ou peut importe son nom élève la température de combustion de 200 °C. Ce qui augmente aussi la concentration d’oxyde de carbone, un élément puissamment toxique en particulier pour le cœur. Notons aussi que si le THC [Tétrahydrocannabinol, la molécule active du cannabis, N.D.L.R.] se concentre dans le cerveau et les testicules. Il fait baisser la testostérone, la libido, la densité des spermatozoïdes dans le liquide séminal et diminue la capacité de l’acrosome du spermatozoïde à percer la coque de l’ovule. Pis encore, il aurait un lieu avec le développement d’un type de cancer des testicules - des tumeurs germinales non-séminomateuses - beaucoup plus agressif. »

Vous pointez aussi son effet sur les capacités cérébrales. Qu’en est-il ?

n «  La France est dans le peloton de tête des moyens mis pour l’éducation des enfants. Mais en termes de performances éducatives, elle est en très mauvaise place au sein du classement international Pisa. Certes, il y a sûrement des questions de méthodes etc. Mais je suis persuadé que si l’on éradique le cannabis de l’espace éducatif nous gagnerons au moins quinze places ! Car il perturbe les capacités d’apprentissage. Des études ont montré que le cannabis fait chuter le QI de 10 points. Le chichon rend con ! »

Mais l’interdiction entretient la criminalité...

n « Le cannabis augmente le risque de schizophrénie (par six pour ceux qui ont fumé plus de 50 joints avant 18 ans !), le risque de suicide... Il faut maintenir la prohibition. Mais l’accompagner de pédagogie. La Suède a mis en place 40 heures, de la maternelle au lycée, pour informer sur les drogues et le pays peut aujourd’hui s’enorgueillir d’avoir, en proportion, dix fois moins de toxicomanes que dans les autres pays d’Europe. La France, elle, fait preuve d’indifférence, de méconnaissance et, pire, de complaisance. Et on va le payer très cher. »

Propos recueillis par Anthony Quindroit

a.quindroit chez presse-normande.com