Une université canadienne cherche à mettre au point un cannabis sans effets indésirables !
Conséquences d’une petite erreur de traduction de l’anglais et du quiproquo qu’elle implique dans un article de Presse !
Publié le 25 septembre 2014

http://cannabisnewssource.com/une-m...
Une marijuana moins nocive développée en laboratoire – Journal de Montréal
Dr. Steven Laviolette (gauche) et son assistant le professeur Dr. Tim Wilson, photo Journal de Montréal
LONDON, Ontario – Des chercheurs de la Western University , en Ontario, tentent de développer une marijuana qui présenterait des effets bénéfiques à des fins médicales, sans en avoir les inconvénients.
Les patients qui fument la marijuana à des fins médicales souffrent, au même titre que les autres consommateurs de cette drogue, des effets secondaires causés par celle-ci. La marijuana peut provoquer des crises de paranoïa et une exposition à long terme peut générer des troubles émotionnels permanents.
Les chercheurs ont découvert que la dopamine, un neurotransmetteur, joue un rôle crucial sur la façon dont l’individu ressent les effets de la marijuana.
Cette drogue influe sur la production de dopamine, ce qui affecte directement la façon dont se vivent les émotions.
En effectuant des tests sur des rats de laboratoire, les scientifiques ont remarqué qu’en administrant un traitement antipsychotique à ces rongeurs avant de leur donner des substances simulant les effets de la marijuana, les crises de paranoïa pouvaient être évitées.
« C’est une importante avancée qui nous aidera à mieux comprendre et à réduire les effets secondaires potentiellement nocifs de la marijuana utilisée à des fins médicales », a souligné l’auteur principal de cette étude, Steven Laviolette.
Toutefois, la marijuana contient 70 composés chimiques différents, et il y aura encore beaucoup de recherche à faire pour comprendre les réactions causées par chacun d’entre eux.
Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue scientifique Journal of Neurosciences .
Source Info : http://www.journaldemontreal.com/20...
Info similaire : http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/na...
P.-S.
Il y a beaucoup de floue dans cette annonce et nous allons ici essayer de le mettre en évidence.
On parle ici d’un cannabis qui serait mis au point pour être moins nocif ? Kéksé ksét bète ? Dans l’absolu, cela existe déjà : c’est du chanvre industriel !
Il n’y a pas assez de précisions pour comprendre si le cannabis qu’ils souhaitent mettre au point sera naturel (sélection rigoureuse) ou artificiel (Cannabis OGM). Un autre biais de lecture laisse entendre qu’il est aussi question d’utiliser des substances qui annulent les effets indésirables. L’étude est bien citée comme ayant été publiée, je n’ai pas réussi à la retrouver ce qui nous complique la tâche de vérification. Pourtant j’ai passé 5 heures à la chercher et j’ai rempli un cendrier !
Spéculons sur la base de ce que l’on a en infos :
Il y a toutefois quelques problèmes évidents avec leur argumentation :
Déjà au niveau du titre : "Marijuana nocive" est la signature d’un affichage prohibitionniste
1) Au niveau thérapeutique, les variétés riches en CBD combattent et réduisent déjà les effets du THC. L’herbe est ainsi plus "high" et ne provoque pas de paranos ! Le CBD a un effet antagoniste du THC, ce qui est admis par la Science. Pourquoi refaire en artificiel ce que la nature propose déjà ?
2) Les troubles émotionnels permanents supposés n’existent pas : c’est un fantasme de la prohibition. Si je me trompe : prouvez-le ! Ce que les chercheurs dénomment le "stoner phénomène" n’est pas prouvé. Il y a bien une apathie induite par le THC et le cannabis riche en THC, mais elle n’est pas permanente.
3) Estimer un seuil de paranoïa chez des rongeurs relève de la médiumnité ! Autre considération, les expériences sur ces petites bestioles sont souvent effectuée avec du THC de synthèse pur administré par voie injectable, c’est à dire des conditions d’expérimentations complétements différentes de la consommation humaine de cannabis. Dans ces conditions, avec un chercheur qui a une sale gueule et qui le manipule, un rat peut être véritablement flippé à mort (pauvre bêtes) !
Les petits emballements psychotiques (genre paranoïa) sont parfois connus par des novices (débutants) en consommation. Mais lorsque l’assuétude s’installe, ces paniques disparaissent. Il semblerait que le sujet et son corps s’adaptent aux effets indésirables du THC. Il en est de même pour les patients sous traitement cannabique fort en THC. En fait, ces "crises" sont influencées par notre propre suggestivité ! Dans un environnement sécurisant, elles n’apparaissent pas ! L’individu apprend à "vivre" avec le cannabis ! La paranoïa n’est donc pas un argument valable pour chercher à modifier génétiquement le cannabis ou mettre au point des médicaments auxquels on associerait un ou plusieurs antipsychotique(s).
Un effet indésirable n’a pas été abordé par l’article : l’euphorie propre au THC. Si elle est recherché par certains, d’autres la craignent ! Mais on résout le problème grâce aux variétés riches en CBD, qui atténuent considérablement cette euphorie. Le mode d’administration aussi à son importance : en crème par exemple, le THC n’a aucun effet psychoactif ! Mais l’euphorie ne semble pas être considérée comme un effet indésirable par cette équipe de recherche, en tous cas, elle ne la prend pas en compte.
Un autre effet indésirable non cité ici est l’apathie, nous reviendrons pourtant dessus un peu plus loin.
Tout cela ne me satisfait pas, nous allons étendre un peu notre recherche.
Recherches approfondie :
L’article présenté ici est du simplifié d’articles anglophones. Pour comprendre ce qui se cache derrière les lignes, vous devez aussi lire ceci (en anglais) :
http://www.torontosun.com/2014/09/2...
… et si vous êtes réfractaires à la langue de la perfide Albion, en voici une traduction Google :
https://translate.google.fr/transla...
Voici un autre article en anglais très instructif (débrouillez-vous à le traduire) toujours en relation avec le chercheur Laviolette et cette recherche :
http://www.lfpress.com/2014/09/23/l...
Article qui affirme ceci : “ The changing business model is expected to lead to a spike in demand : Health Canada predicts the number of users could grow from 38,000 last year to as many as 450,000 in 2024.” (« Le modèle d’affaires changeant devrait conduire à une hausse de la demande : Santé Canada prédit un nombre d’utilisateurs qui va passer de 38 000 l’an dernier à plus de 450.000 en 2024 »). Voilà une bonne motivation : un marché juteux !
Dans ces articles anglophones on comprend que les effets indésirables sont essentiellement « la parano » et de « l’apathie » qui n’est pas mentionnée dans les articles en français. Il n’est pas fait mention de l’euphorie comme effet indésirable. L’Apathie est bien un effet du THC, mais là encore, dans les variétés à THC/CBD, le CBD annule cet effet indésirable (l’effet est plus « high »).
Les textes en anglais font aussi mention de produits utilisés pour bloquer les effets indésirables. Il n’est pas clairement établi si des substances similaires seraient produites par le cannabis ou rajoutés (incorporés) aux médicaments qu’on ferait avec ! Plus on lit et plus il devient évident qu’il n’est pas question ici de cannabis OGM ! Regnegne, cet article commence à me faire bouillir la cafetière !
Dans cet autre texte anglais : http://www.exchangemagazine.com/mor... ... on lit :
« … En utilisant des modèles animaux, Laviolette et ses collaborateurs ont administré une faible dose d’un médicament dans le cortex préfrontal du cerveau qui imite la marijuana en activant directement les récepteurs cannabinoïdes. Les animaux ayant reçu une faible dose du médicament ont montré une augmentation de la mémoire associative peur, une réaction émotionnelle comparable à la paranoïa chez les humains. Lorsque l’équipe de recherche a examiné des doses beaucoup plus élevées de la même drogue, ils ont trouvé l’effet inverse ; ces animaux ont montré une absence de réponse de stimulus de craindre et démontré une émotion émoussées ou un comportement dépressif.
" Nous avons constaté que ces effets sur l’émotion étaient dues à la capacité de la drogue soit la rampe ou l’arrêt des neurones dopaminergiques dans le cerveau en fonction de la dose », dit Laviolette. « Grâce à ces résultats, nous identifions cortex préfrontal du cerveau comme une région du cerveau critique pour le contrôle des perturbations induites par la marijuana dans le traitement des émotions à travers une modulation directe du système de la dopamine dans le cerveau." … ».
Je ne sais pas moi, mais si on n’utilise pas de la marijuana pour réaliser l’expérience, ce n’est pas une expérience sur la marijuana ! Mais ce n’est pas ce qui me chiffonne le plus : plus nous avançons dans notre recherche, plus le sujet de lecture s’éloigne de ce qu’annonçait le titre (cannabis mis au point pour blablabla …) ! Las de ne pas comprendre, je décide de fumer un joint, riche en CBD pour ne pas finir en « larve flippée » (apathie et parano). De la « French Kiss » (hé-hé) !
Et enfin, à force d’éplucher le journal et son site, j’ai trouvé : sauf erreur de ma part, il n’existe aucun article faisant mention d’une mise au point d’un tel cannabis et publié par le Journal of Neurosciences. Il n’était question que d’un article traitant de neurologie et de cannabinoïdes écrit par Laviolette : « Cannabinoid Transmission in the Prefrontal Cortex Bi-Phasically Controls Emotional Memory Formation via Functional Interactions with the Ventral Tegmental Area. Auteur : Laviolette “(http://www.jneurosci.org/content/34...) Publié le 25 septembre 2014.
A partir des explications que le chercheur a fournies pour vulgariser la portée des implications de ses recherches, les journalistes ont brodé cette histoire de marijuana moins nocive développée en laboratoire. Mais je doute que ce soit le but des recherches de monsieur Laviolette apparemment plus neurologiste que botaniste !
Vous avez donc parcouru tout ce texte pour rien … ? Eh bien pas tout à fait, car vous y avez quand même appris plein de trucs ! Notamment que la Presse raconte parfois des conneries … ! Enfin, pas tout à fait, c’est son titre, mal traduit de l’anglais, qui nous a tous induit en erreur :
« Des chercheurs de la Western University, en Ontario, tentent de développer une marijuana qui présenterait des effets bénéfiques à des fins médicales, sans en avoir les inconvénients ».
Il aurait été plus compréhensible ainsi :
« Des chercheurs de la Western University , en Ontario, tentent de développer une thérapie à partir de la marijuana qui présenterait des effets bénéfiques à des fins médicales, sans en avoir les inconvénients ».
L’erreur est récidivé dès la première ligne du texte par les propos suivants : "... tentent de développer une marijuana qui présenterait des effets bénéfiques à des fins médicales, sans en avoir les inconvénients ..."
Comme toute la Presse se copie sans plus de recherches, il est possible que cette erreur d’interprétation soit reconduite par d’autres médias !
Ce qui est gênant, c’est que 38 % des lecteurs ne lisent que les titres des articles ! Si ces titres sont bidons ... !
CQFD (Ce Qu’il Fallait Déguster … pour trouver !)
JLB