Vous n’aimiez pas les OGM : alors vous allez détester les NBT !
Un petit tour dans le Monde des OGM et des NBT, des sortes d’OGM non avoués (non classés comme tels parce qu’issu de technologies et techniques différentes). Vous trouverez un second article très important et positif pour celles et ceux qui luttent contre Monsanto and Co. Ces industries comme Monsanto doivent-être condamnées ... en France, plus rien ne l’empêche maintenant ! Pour une fois, je suis fier de la Justice de mon pays ... enfin, en ce point précis seulement.
Par Benji, publié le 12 mars, 2016
http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03...
Les NBT : des OGM qui ne disent pas leur nom ?
Les nouvelles techniques du génie génétique permettent depuis quelques années d’obtenir des plantes qui présentent les mêmes propriétés que les OGM, mais qui échappent à leur cadre règlementaire. Ce vide juridique a alerté de nombreuses associations qui réclament que le statut de ces biotechnologies soit clarifié. Le risque ? Les voir arriver sur le marché à l’insu des citoyens …
L’industrie et une partie de la recherche ne souhaitent pas du tout voir l’encadrement strict des OGM se répéter. La Commission européenne travaille sur la question depuis… 2007 ! Et devrait rendre sa décision dans les prochaines semaines.
La recherche agronomique utilise les nouvelles techniques de modification du vivant : activation ou suppression de gène, recombinaison du génome, mutagenèse assistée… Ces nouvelles techniques de sélection, nommées NBT, selon l’acronyme anglais New Breeding Techniques, interviennent ainsi directement sur le génome des plantes ou des animaux pour obtenir les caractères souhaités : tolérance à des herbicides, résistance à un insecte où nanisme d’un animal par exemple.
Si les NBT relèvent bien du génie génétique, elles se distinguent de la transgenèse (insertion d’un gène étranger dans le génome), qui a caractérisé jusqu’à présent les OGM. Ces techniques produisent-elles des OGM ? La réponse dépasse la simple question juridique, puisqu’elle déterminera l’encadrement règlementaire des nouvelles variétés de plantes et des nouvelles espèces animales qui vont arriver sur le marché. Une chose est déjà sûre : la bataille rangée qui divise la recherche et oppose l’agro-industrie aux organisations paysannes et écologistes rappelle indéniablement celle des OGM.
Des modifications génétiques intraçables
Pour l’industrie des semences et une partie de la recherche agronomique, ces nouvelles techniques de modification du génome se distinguent des anciennes par leur précision. « On va faire de la dentelle », a ainsi déclaré Olivier Le Gall, directeur général délégué aux affaires scientifiques de l’Ira, interrogé par Agra Presse. Un argument qui veut démontrer que les techniques de la transgenèse étaient grossières.
Mais le principal argument est ailleurs : il ne reste aucune trace de l’intervention humaine après la modification génétique. Pour les défenseurs des biotechnologies, c’est la preuve de l’équivalence entre les produits obtenus par des NBT et les produits naturels. Et c’est donc un argument pour ne pas les voir tomber sous la réglementation OGM, qui avait largement contraint la recherche et interdit la culture d’OGM dans de nombreux pays européens. Plus cyniquement, les produits n’étant pas identifiables, leur traçabilité devient difficile.
Polémique au HCB
Pourtant, de nombreuses voix s’élèvent contre cette vision des choses. Différentes associations environnementales et paysannes pointent au contraire qu’il y a bien une modification du génome et, qu’à ce titre, l’étude des risques spécifiques à ces produits et l’information des citoyens sont nécessaires. La polémique qui secoue aujourd’hui le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) illustre ce bras de fer engagé entre pro et anti-OGM.
Le HCB a rendu un avis début février, favorable à ne pas soumettre les NBT à la réglementation OGM. Mais un des membres du comité scientifique, Yves Bertheau, a démissionné, refusant d’être s’associé à cet avis. Le chercheur de l’Inra de Versailles estime en effet que la modification du génome peut avoir des effets non intentionnels qui doivent être étudiés. Il rejoint ainsi les associations sur la nécessité d’évaluer les risques sanitaires et environnementaux de ces nouveaux produits.
Un boulevard pour le brevetage du vivant
Dans la foulée, les sept organisations paysannes et de la société civile qui siègent au comité économique, éthique et social (CEES) du HCB ont annoncé qu’elles boycotteront cette instance tant que la pluralité des avis sur les NBT ne sera pas respectée.
Pour ces organisations anti-OGM, un autre problème émerge avec ces « nouveaux OGM » : le brevetage du vivant. En effet, les semences produites grâce au génie génétique sont brevetables, car elles relèvent d’une invention du semencier. Les principales industries agro-chimiques, comme Syngenta, BASF ou Monsanto, ont déjà enregistré des dizaines de demandes de brevets auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) pour des semences obtenues grâce aux NBT, selon un rapport publié par l’ONG TestBiotech.
C’est au niveau européen que la décision du statut des NBT sera prise. La Commission planche sur le sujet depuis près de 10 ans et doit enfin trancher la question dans les prochaines semaines. Plusieurs organisations s’inquiètent déjà de l’issue, compte tenu des pressions exercées par les industriels… L’ONG Corporate Observatory Europe a suivi le lobbying de l’industrie des semences et pointe en particulier la création d’une organisation de lobbying ad hoc : la New Breeding Techniques Platform.
Source : Novetic
Par Paul FASSA, Benji et traduit par Raoul-Marc Jennar. Publié le 23 février, 2016
http://lesmoutonsenrages.fr/2016/02...
Un scientifique attaqué pour avoir prouvé les dangers des OGM gagne son procès en diffamation devant un tribunal français
Un superbe article traduit par Raoul-Marc Jennar que nous connaissons notamment au travers de son excellente conférence sur le Traité Transatlantique. Bizarrement, cela ne fait pas beaucoup de bruit, et pourtant, il y aurait de quoi : le professeur Seralini a gagné son procès pour diffamation, moralité, les OGM sont bien dangereux, il avait donc raison !!!
Gilles-Eric-Seralini
Vous rappelez-vous du professeur Gilles-Eric Séralini et de son équipe de recherche à l’université de Caen ? Ils ont présenté des images de rats nourris avec du maïs OGM de Monsanto saturé de l’herbicide Roundup. Voilà pourquoi le maïs est génétiquement modifié : pour survivre à l’herbicide le plus dangereux de la planète.
Leur étude a découvert que les rats nourris avec des OGM ont développé des tumeurs et sont morts prématurément. Mais ça n’était pas l’objet de leur étude. Il était prévu qu’elle évalue la toxicité potentielle à long terme de la consommation de maïs OGM ainsi que de l’exposition inhérente au Roundup.
Lorsque les résultats de l’étude de Séralini sur la toxicité à long terme ont été publiés avec les présentations des rats avec leurs énormes tumeurs, un tsunami d’indignation des scientifiques pro-OGM et des journalistes complices a reçu un écho favorable de la presse et des médias grand public.
Les centaines de scientifiques qui ont défendu le travail de Séralini ont été la plupart du temps ignorés. De nombreux indécis sont restés dans la confusion et prêts à se mettre du côté des chiens qui aboient de l’industrie de la biotechnologie.
Monsanto a influencé une revue scientifique pour qu’elle retire le rapport de Séralini
Cette attaque très médiatisée de Séralini et son équipe a été un assaut aérien et naval pour affaiblir la défense de la minuscule île des partisans de la vérité sur les OGM. Puis l’assaut sur le terrain contre cette île de science intègre a été perpétré en nommant furtivement l’ancien scientifique de Monsanto, Richard E. Goodman, à un poste scientifique de Monsanto, Richard E. Goodman, à un poste nouvellement créé à la revue Food and Chemical Toxicology (FCT), une publication Elsevier.
C’est la revue dans laquelle l’étude de Séralini « Toxicité à long terme de l’herbicide Roundup et d’un maïs génétiquement modifié pour tolérer le Roundup » avait été à l’origine examinée par des pairs et publiée. Avec Goodman aux commandes de l’assaut, le rédacteur en chef de FCT, Wallace Hayes a retiré l’étude de Séralini de la revue en 2013, un an après avoir été examinée par des pairs et publiée.
Hayes a admis que l’étude n’était pas frauduleuse ni inexacte, mais a expliqué qu’elle n’était pas concluante. Des scientifiques intègres ont réagi vivement, expliquant que les études examinées par des pairs et publiées sont souvent non concluantes, et recommandent de « nouvelles études ».
Pour le cas où vous penseriez que je tire trop vite sur Goodman, à la même époque, une étude brésilienne prouvait que les gènes de départ du maïs Bt avec insecticide, ne se désintègrent pas dans l’estomac des mammifères comme le prétend Monsanto, mais survivent intacts et nuisent aux cellules sanguines des mammifères. Cette étude a également été retirée de FCT.
Cette étude a maintenant été publiée dans une autre revue. D’ailleurs l’étude de Séralini a été également vite republiée en 2014 par une autre revue éloignée des envahisseurs de Monsanto : Environmental Sciences Europe.
Et aussi, à la suite des réactions indignées de scientifiques internationaux contre la revue FCT, voici une mise à jour du 26 février 2015 de Scientists for Global Responsibility :
Des changements importants sont intervenus cette année à la revue Food and Chemical Toxicology, dont le rédacteur en chef, A. Wallace Hayes avait retiré l’étude capitale de l’équipe de Séralini. Le Comité de Rédaction de la revue a maintenant un nouveau rédacteur en chef, José L. Domingo, qui a publié des documents montrant que l’innocuité des cultures génétiquement modifiées n’est pas un fait établi, et le comité de rédaction a exclu Richard Goodman, l’ex-employé de Monsanto, qui était devenu rédacteur en chef adjoint de la biotechnologie peu de temps avant que l’étude de Séralini soit retirée.
Séralini riposte avec succès
Séralini et son équipe de recherche ne se sont pas contentés de voir leur étude republiée dans une revue qui intéresse peu et n’est pas soutenue par les médias grand public. Ils ont alors formé un groupe appelé le CRIIGEN, acronyme de Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique, et ont riposté.
Gardez à l’esprit que les attaques sur Séralini et al ont porté sur les tumeurs, qui ont eu un fort impact visuel dans les médias. Mais Séralini et son équipe ne recherchaient a priori pas les effets cancéreux. Leur analyse de toxicité était axée sur les effets à long terme sur la santé du foie et des reins, où ils ont trouvé des preuves irréfutables de dommages graves.
L’étude du professeur Séralini concernait la toxicité chronique, et non une étude de carcinogénicité à grande échelle. Par conséquent, il n’a pas mené une analyse statistique des tumeurs et des résultats de mortalité. Au lieu de cela, il les a simplement rapportés, sans en tirer de conclusions définitives.
C’était conforme au protocole de toxicité chronique de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), qui exige que toutes les « lésions », y compris les tumeurs, observées soient enregistrées.
Donc, Séralini et le CRIIGEN ont décidé d’attaquer plutôt que de simplement se défendre ; ce qu’ils ont fait avec le soutien de nombreux scientifiques internationaux. Ils ont contesté avec succès le magazine Marianne, et son journaliste responsable, Jean-Claude Jaillet qui avait prétendu publiquement en 2012 que Séralini et son équipe étaient coupables de « fraude scientifique dans laquelle la méthodologie avait servi à renforcer des résultats prédéterminés ».
Ce même article indiquait également que « des chercheurs du monde entier » avaient émis des « paroles sévères » au sujet de la longue recherche (deux ans) de Séralini sur la toxicité du maïs OGM résistant au Roundup sur les rats. Séralini et le CRIIGEN, avec l’aide de leurs avocats Bernard Dartevelle et Cindy Gay ont gagné leur procès contre le magazine Marianne.
Puis après une enquête de trois ans se terminant le 25 novembre 2015, la Haute Cour de Paris a inculpé Marc Fellous, l’un des accusés dans le procès en diffamation. Il se trouvait qu’il était le président de la Commission du Génie Biomoléculaire qui avait approuvé sans discuter de nombreux produits génétiquement modifiés à la consommation.
Aucun détail n’a été révélé publiquement, mais apparemment Fellous a été accusé de faux et usage de faux, utilisant la signature d’un scientifique pour « prouver » que Séralini et son équipe s’étaient trompés dans leur étude qui a conclu que le maïs Roundup Ready de Monsanto était impropre à la consommation, jusqu’à ce que d’autres études soient entreprises. Le jugement et la condamnation finale est attendue début 2016.
L’enquête de la Cour a découvert que le journaliste américain Henry Miller, via le magazine Forbes notoirement pro-OGM avait commencé les attaques diffamatoires. Ce Henry Miller est l’un de ces mercenaires professionnels employés par les industries dangereuses pour la santé et le bien-être de l’humanité et de la planète, y compris l’industrie du tabac. Un sale travail, mais ça paye bien.
Sources : realfarmacy.com et santé-nutrition.com