2003/05/07 - 24 Heures
Fribourg va traquer les jeunes chauffards et intensifier les contrôles radars. Objectif : réinstaurer la crainte du gendarme et calmer les accros du champignon.
Trop de morts, trop d’accidents, trop d’alcool, trop de vitesse. "Il faut que les automobilistes sachent désormais que nous faisons un gros effort sur les routes." Le ton du lieutenant Gilbert Baeriswyl, chef de la circulation du canton de Fribourg est sans équivoque. C’est moins de prévention que de répression qu’il s’agit, quand il commente le train de mesures concocté pour 2003 afin de rendre plus sûres les routes de son canton. Hormis l’intensification des habituels contrôles de la vitesse, du port de la ceinture, des poids lourds et autres campagnes de prévention lors des rentrées scolaires etc. le lieutenant a rajouté une chasse spéciale aux jeunes Fangio en état d’ébriété. Nom de code de l’opération : VITAS. Pour vitesse et alcool.
Cocktail explosif
Cible visée par VITAS, les jeunes entre 18 et 25ans, roulant vite et sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants. Ils représentent l’un des plus gros dangers de la route. Cette fourchette d’âge qui s’octroie le plus fort taux des accidents (17,24%) est en majorité fautive. A titre de comparaison, les quadras sont impliqués dans 8,52% des accidents, mais ne sont responsables du choc que dans un cas sur trois. Quant à l’alcool, il a fait payer un lourd tribut : entre 1998 et 2002, il a été impliqué, en des doses variant de 0,8 à 3,8pour mille, dans près de 1200accidents, faisant 665blessés et 27morts. "La conjonction jeunesse + vitesse + alcool est explosive", résume en substance Gilbert Baeriswyl. L’opération VITAS doit lutter contre cet état de fait, à des moments et des endroits stratégiques.
Drogue testen première suisse
Autre mesure entrée en vigueur : les contrôles radars sur l’autoroute avec poste d’interception sur-le-champ. Une pratique qui avait été abandonnée, pour raison de sécurité, par bon nombre de cantons. C’est autant la symbolique "de la peur du gendarme", que l’efficacité qui est visée. "Nous voulons physiquement montrer notre présence, mais aussi durcir le ton. Lors d’un contrôle sur-le-champ, il n’est pas rare de découvrir d’autres infractions." Mais l’une des mesures les plus spectaculaires est sans doute celle baptisée "Opia". Elle désigne un test unique en Suisse de dépistage des stupéfiants par prélèvement de sueur frontale (lire 24heures du 2avril). Toutes les brigades mobiles ont été équipées de "drogue test", des petits appareils capables de détecter la consommation, par le conducteur, de cannabis (THC), de cocaïne, d’amphétamines ou d’opiacés. Avantage du système, il peut être utilisé aussi facilement qu’un éthylomètre (le mythique ballon), sans ordre d’un juge. Toutes ces mesures doivent briser l’idée reçue "que la route est dangereuse", explique Gilbert Baeriswyl. "Le vrai danger, dit-il, ne vient pas des routes. Mais de leurs usagers."