de Louise Michel
Le printemps rit dans les branches vertes, Au fond des bois gazouillent les nids ; Tout vit, chantant les ailes ouvertes, Tous les oiseaux couvent leurs petits. Le peuple, lui, n’a ni sou ni mailles, Pas un abri, pas un sou vaillant ; La faim, le froid rongent ses entrailles.
Sème ton chanvre, paysan ! Sème ton chanvre, paysan !
Il ferait bon, si Jacques Misère Pouvait aimer, de s’en aller deux ! Mais loin de nous amour et lumière ! Ils ne sont pas pour les malheureux ! Ne laissons pas de veuve aux supplices, Ne laissons pas de fils aux tyrans, Nous ne voulons point être complices.
Sème ton chanvre, paysan ! Sème ton chanvre, paysan !
Forge, bâtis chaînes, forteresses. Donne bien tout, comme les troupeaux, Sueur et sang, travail et détresses. Usine monte au rang des châteaux. Jacques, vois-tu, la nuit sous les porches. Comme en un songe au vol flamboyant, Rouges, errer, les lueurs des torches.
Sème ton chanvre, paysan ! Sème ton chanvre, paysan !
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