Perte de poids
Perdre du poids malgré soi est l’un des problèmes les plus fréquents chez les personnes ayant le VIH. Cela se produit lorsque l’organisme ne reçoit pas assez de nourriture ou que la demande en éléments nutritifs est trop grande. La quantité d’éléments nutritifs que vous utilisez et la rapidité avec laquelle vous l’utilisez s’appellent le métabolisme. Si votre métabolisme est élevé, vous utilisez rapidement beaucoup d’éléments nutritifs. L’infection au VIH augmente presque toujours le métabolisme. Si vous devenez malade, votre métabolisme s’élèvera encore davantage. L’exercice physique peut également faire augmenter votre métabolisme. Cependant, même si vous n’avez pas autant d’activités physiques qu’auparavant, votre métabolisme peut encore être très élevé.
Si votre corps n’utilise pas toute la nourriture consommée, il peut l’entreposer sous forme de graisse ou de muscle. Les réserves emmagasinées dans les muscles constituent la masse maigre de l’organisme (MMO). Plusieurs études ont démontré que le risque de mourir augmentait chez les personnes dont la MMO diminuait à moins de 66 pour cent de la normale. Puisque la MMO se constitue par des exercices de musculation, il est recommandé de faire des exercices comme des poids et haltères. Si vous ne mangez pas assez pour fournir tout le carburant nécessaire à vos activités, les carburants entreposés seront utilisés.
Les personnes ayant le VIH ont besoin d’une grande quantité de calories. Il est utile de consommer des boissons préparées au mélangeur (par exemple, du lait de vache, de soya ou de riz mélangé à des bananes et(ou) des pommes, plus des nectars de fruit en bouteille) ou des suppléments alimentaires liquides (voir page 113). Des études ont indiqué que le fait de pas consommer suffisamment de calories provenant de protéines est un problème sérieux pour les personnes ayant le VIH ; en fait, il se pourrait que vous ayez besoin de deux fois plus de protéines que les personnes séronégatives. Il importe de choisir des aliments dont les matières grasses sont faciles à digérer, comme c’est le cas des légumes, du poisson et des produits laitiers. Les triglycérides à chaîne moyenne sont des graisses facile à digérer que l’on retrouve dans la noix de coco et le beurre. Il semble qu’un régime normal permette d’obtenir suffisamment de calories provenant des glucides (hydrates de carbone). Les féculents sont des plus avantageux à cet égard.
Tout le monde gagne et perd du poids. Parfois on mange un peu plus ou on fait un peu moins d’exercice, et on prend quelques kilos. Parfois on mange moins ou on travaille plus et on perd du poids. Mais si vous perdez plus de dix pour cent (le dixième) de votre poids "normal" en un mois ou deux [par exemple, si vous pesez normalement 70 kilos (150 livres) et que vous en perdez 7 kilos (15 livres) sans l’avoir voulu], cette perte de poids est considérée significative d’un point de vue médical.
Les causes de la perte de poids
La diarrhée (voir page 188) peut causer une perte de poids. Dans les cas de diarrhée aiguë, les aliments traversent le système digestif à une vitesse telle que l’organisme n’a pas le temps de les absorber. La perte d’appétit peut être causée par des aliments dont le goût laisse à désirer, la dépression, des maux d’estomac ou un mauvais état général. Essayez de prendre trois ou quatre repas par jour. Si vous ne pouvez manger tous vos aliments, réfrigérez-les et essayez un peu plus tard (attention cependant, les restes ne devraient pas être gardés plus d’un jour ou deux). Faites bonne provision de vos mets favoris pour ne pas en manquer. Faites des exercices modérés avant de manger. Essayez d’éviter toute tension à l’heure des repas. Prenez vos repas dans un endroit plaisant et en agréable compagnie. Ajoutez du fromage, du beurre ou de la crème à vos aliments si vous tolérez les produits laitiers. Vous trouverez à la page 193 une description des stimulants de l’appétit. Les nausées et les vomissements sont des symptômes répandus chez les personnes ayant le VIH/sida. Il y a plusieurs causes possibles, notamment certains médicaments anti-VIH ou contre les infections opportunistes ; les radiations ou la chimiothérapie utilisées dans le traitement du cancer ; et diverses infections intestinales. Essayez de manger plus lentement. Ne vous forcez pas à tout avaler et faites la sieste après les repas. Si vous avez la nausée le matin, essayez de manger au lever des toasts melba, des rôties sèches ou des craquelins. Si vous vomissez beaucoup, vous devez consommer assez de liquides, en particulier des soupes et des jus de fruits dilués. Essayez de ne pas manger vos mets préférés, car la nausée pourrait vous en dégoûter. Des plaies dans la bouche peuvent être causées par des infections, le sarcome de Kaposi ou d’autres tumeurs ainsi que par des affections des gencives ou des troubles dentaires. D’abord, occupez-vous de votre infection, puis faites examiner vos dents et vos gencives par votre dentiste. Essayez de vous rincer la bouche plusieurs fois par jour avec de l’eau chaude salée ou avec de l’eau additionnée de bicarbonate de soude (soda à pâte). Plusieurs produits peuvent servir à confectionner des rince-bouche efficaces pour enrayer les plaies buccales. Mentionnons entre autres l’aloès officinal, l’huile du théier, l’extrait de graines de pamplemousse et le peroxyde d’hydrogène (il doit s’agir de peroxyde d’hydrogène de qualité alimentaire, dans une solution à trois pour cent - voir pages 98, 102, 101 et 90). Ces rince-bouche peuvent calmer les malaises ; les produits commerciaux peuvent irriter. Utilisez une brosse à dents à soies douces. Les aliments épicés ou les produits acidulés (comme le vinaigre ou le jus de citron) peuvent aggraver les irritations de la bouche.
Stimulation de l’appétit
Beaucoup de choses peuvent faire perdre l’appétit, comme les nausées, les vomissements, les infections et la dépression. Il existe plusieurs moyens de stimuler l’appétit. Certaines personnes boivent un verre de vin ou une bière avant et pendant leur repas. On a également démontré que le chanvre (pot) donnait la faim. On utilise également plusieurs médicaments pour stimuler l’appétit :
Le Megace (ou acétate de mégestrol) est utilisé pour stimuler l’appétit des personnes qui vivent avec le VIH. C’est une hormone femelle qui provoque une sensation de faim. Les études ont démontré que cette hormone stimule l’appétit et favorise le gain de poids. Toutefois, le poids pris est constitué en majeure partie de graisse et non pas de masse maigre de l’organisme (voir page 191), à moins qu’on utilise également une hormone mâle (comme la testostérone). Le Megace peut également réduire les taux de testostérone, une hormone nécessaire à la formation de la masse maigre de l’organisme (comme les tissus musculaires).
Le dronabinol (Marinol, Nabilone) est un agent qui contient du THC, l’ingrédient actif du chanvre qui donne l’envie de grignoter. On l’utilise également comme traitement antinausées. En plus de son effet sur l’appétit, ce médicament peut également causer d’autres effets, habituellement observés chez les personnes qui utilisent du chanvre (comme d’être "stone" ou "gelé"). La thalidomide est actuellement utilisée pour traiter les ulcères aphteux oraux et anaux qui se manifestent chez les personnes ayant le sida. Elle semble aussi avoir la propriété de stimuler l’appétit et de favoriser le gain de poids. On peut s’en procurer par l’entremise du Programme de médicaments d’urgence du Canada (voir page 203).
Une autre façon de se mettre en appétit est de faire en sorte que l’heure des repas soit un moment privilégié. Invitez des amis ou mangez seul, tranquillement. Si vous n’avez pas envie de cuisiner, commandez quelque chose si vous en avez les moyens. Si votre poids commence à diminuer de façon soutenue, restez en contact étroit avec votre médecin ou un autre professionnel ou une autre professionnelle de la santé qui vous offre des services. Il est particulièrement important que votre médecin suive vos analyses sanguines, en accordant une attention particulière à la vitesse de sédimentation et aux taux d’enzymes hépatiques, de potassium (voir pages 34 et 35) et d’albumine (une forme de protéine). Un ou une nutritionniste qui connaît bien les besoins des personnes ayant le VIH pourra vous être d’un précieux concours. Pour plus de précisions, communiquez avec le groupe sida le plus proche (voir page 289) ou avec le Réseau d’information sur le traitement VIH/sida du Réseau communautaire d’info-traitements sida (RCITS) (voir page 288).
Si vous avez une impression de gonflement après avoir mangé, vous pourriez prendre un comprimé contenant un mélange d’enzymes qui vous aideront à digérer (voir 110), ou encore un comprimé de chlorhydrate de bétaïne ou de chlorhydrate d’acide glutamique.