OTTAWA
La Société canadienne du sida a manifesté aujourd’hui son soutien envers Jim Wakeford et le combat qu’il livre devant les tribunaux pour que le chanvre puisse être utilisée à des fins médicales. M. Wakeford, Torontois atteint du VIH/SIDA, emploie le chanvre pour stimuler son appétit et atténuer les effets secondaires des nombreux médicaments qu’il doit prendre chaque jour pour survivre. Il a intenté ce matin à Toronto des poursuites contre le gouvernement fédéral, qui bloque l’accès à cette drogue. "La position du gouvernement fédéral sur l’utilisation médicale du chanvre est une échappatoire", a déclaré Brian Huskins, président de la Société canadienne du sida. "Le ministre de la Santé a le pouvoir de permettre à M. Wakeford d’utiliser le chanvre sous la supervision de son médecin. C’est injuste et presque inhumain d’obliger quelqu’un qui se trouve dans la situation de M. Wakeford à passer par un processus judiciaire long et coûteux pour pouvoir obtenir une drogue qui, à toute fin pratique, l’aide à rester en vie", a-t-il ajouté.
M. Huskins a précisé que le gouvernement fédéral devait utiliser les pouvoirs qu’il détient en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances pour exempter les personnes atteintes du VIH/SIDA des poursuites criminelles pour utilisation du chanvre à des fins médicales. "L’argument selon lequel le chanvre aident les personnes atteintes du VIH/SIDA à lutter contre la maladie est convaincant, a-t-il expliqué. Rien ne peut excuser le fait de refuser à des personnes qui vont mourir le droit d’utiliser le chanvre si elles et leur médecin croient que cela soulagera la douleur qui accompagne les maladies terminales."
Pourtant, de quelque côté que se tournent Jim Wakeford et les autres personnes dans sa situation, il n’y a que des voies sans issue, notamment la menace de l’emprisonnement. C’est pourquoi la Société canadienne du sida en appelle également à la direction des produits thérapeutiques de Santé Canada pour qu’elle trouve une solution aux questions de réglementation qui empêchent que cette drogue ne soit largement disponible pour les personnes aux prises avec une maladie terminale aussi terrible que le VIH/SIDA. "Le programme spécial d’accès de Santé Canada permet aux patients en phase terminale d’accéder à d’autres traitements non approuvés. Pourquoi serait-ce différent avec le chanvre ?" a conclu M. Huskins.
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