2003/03/29 - 24 Heures
On peut allumer ce pétard par n’importe quel bout, il n’est que fumisterie et hypocrisie. Ce n’est évidemment encore qu’un projet. Mais la Commission de la santé du National entend taxer le chanvre notamment pour des motifs préventifs (le prix à la hausse : dissuasif), cela parallèlement à une libéralisation accompagnée de légères mesures de coercition : la culture et la vente resteraient prohibées, sauf exception par voie d’ordonnance, délivrée à certains magasins.
Les opposants à la dépénalisation du cannabis crieront à l’Etat dealer. Qui, laxiste en la matière, y voit encore le moyen d’engranger des recettes sur le dos d’une dépendance. L’AVS de papy financée par les volutes stupéfiantes du petit fiston. Cela à l’heure où les corps enseignants de toute la Suisse tirent la sonnette d’alarme face à un phénomène d’une ampleur inquiétante. Des accros de plus en plus jeunes, avachis sur les bancs d’école. Difficile d’imaginer ce problème de santé publique résolu par les bienfaits d’un Etat qui organiserait des campagnes de prévention de la main gauche et percevrait, de la main droite, la dîme de la vente.
Surtout que, si l’on adopte les arguments des défenseurs de la dépénalisation, cette mesure est aussi frappée d’inanité. Croire que les amateurs de cannabis vont aller se fournir sereinement dans les points de vente agréés est un leurre. Que des épicuriens adultes, s’adonnant à la fumette récréative, le fassent est concevable. Mais ils ne sont pas représentatifs de la population à risque. Elle, composée de jeunes, voire de très jeunes, qu’il convient de préserver des réseaux illégaux de distribution des drogues, dont les dures. Surtout avec une taxe, l’ado consommateur continuera de s’approvisionner sur le marché parallèle. Avec juste le sentiment qu’il n’est hors la loi que des quelques mois qui le séparent de ses 18ans.
Editorial de Xavier Alonso