Toute une série de succès scientifiques furent réalisés lors de l’étude du chanvre (cannabis sativa) durant ces 14 dernières années. La découverte de récepteurs spécifiques pour le THC (Tetrahydrocannabinole, substance psychoactive principale du chanvre) dans le cerveau et les aurtres tissus du corps humain ainsi que la découverte des trois contreparties principales du THC propres au corps humain (les endocannabinoïdes), ont propulsé la recherche au sujet du chanvre d’un point de départ assez obscur à un grand domaine intéressant de la biomédecine. La recherche se concentre sur l’utilisation du chanvre à des buts de détente ainsi qu’à son utilisation en tant que médicament. En outre, on fait de plus en plus de découvertes sur la signifacation physiologique des endocannabinoïdes et de leurs récepteurs.

L’appétit : Le chanvre est connu depuis des siècles pour son effet stimulant de l’appétit. Grâce à ce fait, le chanvre est appliqué dans la médecine afin d’augmenter l’appétit et le poids dans des cas de Sida et de cancer. Ces dernières années ont apporté de plus en plus de preuves que les endocannabinoïdes jouent leur rôle dans la multitude de substances quasi-hormonales régulant l’appétit et l’absorption de la nourriture. Nous avons démontré dernièrement que les endocannabinoïdes ont une fonction critique au début de la prise de lait chez des souriceaux nouveau-nés (Fride et al., Eur. J. Pharmacol., 2001). D’autre part, des recherches plus approfondies ont révélé que le système des récepteurs des endocannabinoïdes joue un rôle très spécifique dans la croissance et la survie du nouveau-né. J’ai dernièrement expliqué que les cannabinoïdes influencent et améliorent l’état de santé des enfants qui souffrent de la mucoviscidose.

La douleur : lorsque la douleur est légère, elle possède une influence relativement faible sur la qualité et l’activité de vie. Par contre, au stade aigu, elle peut littéralement paralyser l’individu. En 1971 déjà, Snyder (Science, 1971) avait prévu que le cannabis trouverait une application clinique en tant qu’"anti-douleur", cela avec un potentiel d’action compris entre l’ "aspirine" et la morphine. On vient de découvrir que le cannabis et les endocannabinoïdes abaissent la sensibilité des différents états de douleur, cela avec une influence simultanée sur les récepteurs centraux du cerveau (CB1) et sur les récepteurs périphériques (CB1 et CB2). Nous sommes en train de développer des médicaments à base cannabique qui sont des antalgiques très puissants et sans effets psychiques tels que le désarroi, la peur et la perte de mémoire.